Philipinnes - communiqué de presse

Femmes en marche Militarisme, Sexisme, OMC, Arroyo: Reculent !

Il y a 100 ans, la journée internationale de la femme était déclarée lors de la 2ème Conférence internationale des femmes socialistes de Copenhague. Depuis lors, nous continuons à marcher autour de la Terre afin de faire avancer notre vision de l’égalité et de repousser  toutes forces d’oppression.

En Asie et en Océanie, les femmes se mettent en marche pour la paix contre l’expansion des bases militaires américaines d'Okinawa et de Guam. En effet, la grande majorité des bases américaines se trouvent en Asie, créant ainsi un cercle autour de la Chine. Ce phénomène fait partie de leur politique d’endiguement. Des accords militaires tel que le « Statuts of forces agreeement » (SOFA) sont conclus entre autre par l’Australie et les Etats-Unis afin d'assurer un marché pour la vente de force naval, armes et munitions renforçant ainsi les conflits aux Philippines, en Afghanistan, en Irak et dans les pays de l’ancienne Union soviétique.

Toutfois, la Chine reste le revendeur principal d’armes à la junta militaire du Burma et garde également le contrôle du Tibet.

Dans ces conflits, les femmes sont victimes de déplacement forcé. Le viol est utilisée comme une arme de guerre. Les soldats américains en particulier continuent d’abuser sexuellement des femmes vivant dans les pays d’accueil comme de vulgaires objets.

Dans les Philippines, le gouvernement Arroyo favorise les criminelles plutôt que de revendiquer une poursuite pénale comme dans le cas du viol perpétré par Daniel Smith et son bataillon.

Les femmes travailleuses poursuivent leur marche alors que le gouvernement Arroyo continue à échouer dans son objectif de création d’emplois. Il n’offre, à nos universitaires diplômés, rien d’autre que des postes de téléphonistes dans des entreprises délocalisées. Dans le domaine de la sous-traitance, ils se voient offrir des salaires bien inférieurs que ce qui pourrait leur être offert au nord. Les jeunes sont forcés à quitter leur culture et environnement dans le seul but de faire vivre leur famille.

Nos travailleurs contraints à partir à l'étranger  sont considérés comme de nouveaux héros et ce processus de délocalisation du travail fait échos à la résignation du gouvernement à exporter le travail entant que stratégie de l’emploi. Les travailleuses migrantes qui sont victimes de l’exploitation reflètent l’apathie du gouvernement envers la détresse de nos ouvrières.

La crise crée par l'échec du paradigme néolibéral a poussé encore plus d’ouvrières sur le marché noir. Malgré cela, les pays du nord se contentent d’appliquer le round du développement de l’OMC qui a comme effet de lier toujours plus les marchés du sud aux produits du nord. Et le gouvernement Arroyo est prêt à accepter l’offre du nord et se détacher ainsi des autres pays en voie de développement. Cela aboutira à de grandes pertes financières pour les fermiers locaux et le commerce national.

Dans les derniers mois voir années, des histoires de femmes et de fermiers se suicidant ont choqué une nation qui n’avait jamais était confronté au suicide auparavant.

Les femmes des zones rurales marchent bien que des pressions existent sur les terres agricoles qui sont cédées à l'exploitation, par des grandes industries, des ressources naturelles, telles que les mines, les plantations de grandes échelles et les barrages, . La militarisation des zones locales visant à protéger les intérêts des investisseurs étrangers et justifiant également les efforts de maintien de la paix, rendent les femmes victimes des conflits armés.  Le déplacement des familles dû aux conflits et aux déprédations de l'environnement contribuent à marginaliser les femmes et les enfants qui sont déracinés de leur terres, leur unique source de survie.

L'échec du gouvernement Arroyo à implanter une authentique réforme agraire pousse les femmes provenant des zones rurales à rechercher désespérément de la nourriture à ramener dans leur foyer. La souveraineté alimentaire n'est toujours pas atteinte malgré la reconversion massive des terres. De manière similaire, les sources d’eau sont soit appropriées par des grandes firmes soit contaminées par les déchets des mines et des pesticides. Face à cette situation, le gouvernement Arroyo préfère favoriser le remboursement de la dette du pays plutôt que d'investir dans les services sociaux.
Des milliers de femmes et de jeunes filles, en particulier des communautés indigènes et musulmanes, se voient ainsi niées l’accès aux services publics tel que la santé, l’éducation et l’eau, tous sujets à la libéralisation imposée par l’OMC.

Les survivantes des violence de genre marchent alors que les réalités de la violence domestique lié à l'indifférence du gouvernement forcent les femmes des zones rurales à se cramponner à des promesses d’emplois à l’étranger sans pour autant prendre en considération les risques d’abus sexuelles, de servitude involontaires et d’esclavage.

L’indifférence d’Arroyo face aux lois contre la prostitution et la santé, et sa bienveillance à l'encontre des chefs de guerre politique tel que les "Ampatuans" qui sont responsables des récents massacres impliquant le viol et la mutilation de 21 femmes, montre trop clairement sa complicité avec les forces patriarcales légitimant ainsi la violence envers les femmes. N’oublions pas les cas de violence contre les femmes et les enfants commis par Rep. Romeo Jalosjos, L'ambassadeur Claudio Teehankee Jr., l'adjoint du Président Chavit Singson et autres criminels qui ont soit reçu le pardon officiel du gouvernement soit une réprimande du Président. L’administration Arroyo est ainsi également responsable des dommages et violences irréversibles commises contre les femmes et les enfants.

Filipinas et toutes les autres femmes d’Asie méritent des leaders politiques qui défendent leur droits et leur vie plutôt que de vendre leur corps et leur dignité !

Ont va continuer à marcher jusqu’à ce que le militarisme ne soit démantelé. On marchera jusqu’à ce que les Etats aient mis en place le pleine emploi qui permet aux mères, sœurs et filles d’avoir de vrais choix de vie. On va marcher jusqu’à ce que les femmes des zones rurale réclament fermement leur terres et les services de soutien qui leurs sont dus. Nous marcherons jusqu'à ce que l’OMC s'affaiblisse et finalement disparaisse.

Nous marcherons jusqu’à ce qu’un monde fondé sur la paix, la justice, l’égalité, la liberté et la solidarité soient construits !

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